Les chats d’Edita

J’ai beaucoup de chance. Je suis entourée de gens très talentueux. Des artistes, des autodidactes, des cadors tous droit sortis des plus chouettes écoles d’art du monde. Et cette semaine, c’est ma copine Edita, une lituanienne exilée en France, qui nous offre  ses beaux dessins à colorier. Edita est une enfant dans la peau d’une maman de trente ans, qui aime les bébés, les chats, la peinture, son mari -un français- ses deux filles, la couleur, la littérature, le théâtre.

Voici en photos sa petite famille.

Pour en savoir plus sur elle, ses inspirations, son histoire, et pourquoi tant de chats, nous lui avons demandé de raconter sa vie.

La voici, en quelques mots, ses mots à elle :

Je suis née le 7 mai 1979 dans le délire Soviétique.

Je viens de Kaunas, une des plus grandes villes de Lituanie, mais à partir de mes 6 ans j’appartenais à Vilnius, la plus magnifique ville de mon pays, la ville où je suis devenue artiste, la ville dans laquelle ma vie est devenue sympathique depuis l’orphelinat.

Oui, orphelinat, car ma chère mère n’a pas su gérer la situation avec son premier enfant – moi. Plus tard c’était mon frère aussi. La cause, c’était l’alcool qui pour ma mère étais l’inséparable ami. Je ne l’ai pas vu depuis et jamais vu à vrai dire… Abandonnée à trois mois de mon existence…

Merci à la VIE de m’avoir donné  la chance de grandir bien au chaud et sans manque de nourriture… La chose principale dont les orphelins ont manqués dans cette maison c’était L’AMOUR, donc je l’ai imaginé à travers mes personnages. Cela est devenu mon activité de tous les jours…

Je me rappelle que ma différence à l’orphelinat gênait mon éducatrice, donc j’étais détestée, surtout par elle qui ne connaissait ni la douceur ni l’art.

Dessiner c’était comme une thérapie pour moi. Depuis, mes dessins ont évolués.

Viennent alors mes 10 ans, début de l’indépendance de la Lituanie, début de ma liberté, fin de l’orphelinat!

1990, je passe le concours pour entrer à l’école Nationale d’art de M. K. Cuirions, et le réussi. Dans les années qui suivirent, j’ai exposée dans quelques galeries à Vilnius et dans d’autres villes de mon pays et ai participé au projet de sculpture pour le musée de Jonas Basanavicius – écrivain..
Les études ont durées jusqu’en 1999 ou j’obtiens mon diplôme de sculpture,

1999, j’entre dans l’académie des beaux-arts. Des études d’architecture… Une sorte de recherche sur mes envies pour aller plus loin dans ma vie… Au final c’est le graphisme que j’utilise jusqu’à présent.

Vers la fin de 2001, je choisie de quitter Vilnius pour Paris, qui m’avait séduit avec son architecture splendide et la tolérance entre les gens.

Avec mon arrivée difficile en France, j’ai eu la chance de rencontrer quelques personnes qui m’ont aidé à me repérer dans ma nouvelle vie. Il y eu aussi quelques “serpents” sur mon chemin.

L’adaptation dure jusqu’en 2005..une étape vide et sombre. Dans les dessins que je  réussi à faire, on peut  ressentir cela… l’encre suit les traces de mes humeurs.

Avec les années je prends confiance en moi. Je reprends mes activités artistiques pour exprimer mes pensées avec des techniques variées, comme la lino gravure, l’encre, l’aquarelle, le pastel, l’acrylique, etc… J’avais l’idée d’étudier l’animation à Paris, mais ma personne ne voulait plus s’agiter. Cependant j’ai travaillé ma manière de peindre ou de dessiner.

Je me libère de mes sentiments profonds restés en moi depuis l’enfance injuste. Les personnages et principalement le CHAT raconte ma vie au quotidien. J’utilise mon milieu que je transforme en quelque chose de magique, comique, doux, festif, foufou.

Je suis aussi allé vers un nouveau style graphique très prononcé. Cette manière de dessiner m’est venu en 2015, en commençant par les portraits. Et comme le portrait était seul dans un blanc infini, j’ai ajouté de petits détails venu de l’environnement de la personne.

Le chat sera toujours présent, c’est moi et mes trois amours (mes deux filles Matilda et Adèle et mon mari Michaël), Le chat est ma propre identification dans toutes mes créations. Je ne sais pas comment il est venu, pour quelle raison, mais je suis certaine qu’il est très bien dans mes dessins avec ses copains hérisson, cigogne ou poisson, des personnages qui présentent mes amis.”

A vous de donner vie à son univers poétique, avec quelques couleurs de votre choix. Des dessins de chats, qui deviennent sous son trait luxuriant des créatures magiques qui voyagent dans les rêves et consolent les enfants de leurs petits tracas et de leurs grands chagrins.